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Chaque photographie a une histoire qui mérite parfois d'être racontée, à condition que la propriété émergente, comme le dit si bien Hubert Reeves, justifie sa survie.

In the Zone "noustube"

Publié le 29 Mars 2012 par Bruno Hilaire in Art et Artiste

 

Cette photographie appelle souvent les mêmes interrogations, immanquablement dans le même ordre : Est-ce une peinture ? Est-ce un montage ? Comment fait-elle pour respirer ?

 

Noustube (front)

 

Cela commence par un coup de téléphone qui m’annonce, l’après-midi même, un spectacle de danse sur l’esplanade de la Défense dans le cadre du festival « Paris quartier d’été ». Je ne t’en dis pas plus mais cela semble totalement incroyable. Cela s’appelle Noustube par la compagnie Jorg Müller, qui est un jongleur de formation. Un show en absence de pesanteur. On se retrouve là-bas, au pied du tube.

 

Un socle, un tube d’environ cinq mètres de haut, une eau limpide, chauffée. Une sorte de miroir déformant posé parmi toutes ces tours. Ça grossit, déforme, amenuise, diffracte : tout dépend de l’angle, de la position. Le ciel est bleu comme un fond uni pour effets spéciaux sauf qu'il n’y aura aucun trucage.

 

Elle arrive, monte à échelle, s’assoit sur le bord du tube, les jambes dans l’eau pendant que Jorg Müller en personne retire l’échelle. Elle s’équipe de son pince-nez et, tels les pratiquants de certains arts martiaux, entame une chorégraphie ample et ralentie : le parfait équilibre entre la grâce et le ridicule, frontière ténue nécessitant des années de pratique pour que le mouvement juste prenne possession de l’espace et des spectateurs. L’envoutement est proche, même à travers mon objectif qui pourtant, met généralement de la distance. Et pour tout dire, effectués les premiers clichés, je me suis assis et je me suis laissé emporter. L’eau s’engouffre sous le tissu, accentue les formes, les recouvre de bulles : le corps pétille.

 

Mes proches pourront en attester sans difficultés, je suis extrêmement sévère avec moi quand je « dérushe » mes photos (dérusher est un anglicisme qui signifie charger la carte mémoire sur un ordinateur et évaluer rapidement la qualité des clichés sur un écran digne de ce nom). Et pour la deuxième fois en cinq ans, j’ai les larmes aux yeux en découvrant la série : pratiquement aucune erreur, beauté et grâce, magie des arrière-plans. Les américains ou les sportifs disent « in the Zone », ce moment où, sans difficulté apparente, on réalise des choses pourtant difficiles.

 

Pour découvrir le site de la compagnie, c’est

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