Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Chaque photographie a une histoire qui mérite parfois d'être racontée, à condition que la propriété émergente, comme le dit si bien Hubert Reeves, justifie sa survie.

Extrême Basket-Ball

Publié le 29 Août 2013 par Bruno Hilaire in Scène de rue

Basket blog


Cela faisait une éternité que je n’avais pas mis les pieds dans la région : pour tout dire, rien que l’évocation de Perpignan m’irritait l’épiderme nerveux pour une sombre histoire, très sombre même. J’avais écrit à l'époque un texte, heureusement resté dans mes cartons, sur ces villes du sud où n’habitent que des mamans, issues des longues heures d’attente à l’aéroport avec mes confrères, eux-aussi pères séparés : Marseille, Nice, Perpignan.


Avec le temps, tout ne s’en va pas mais les enfants grandissent ! Et finalement, c’est l’estomac noué par la peur et l’envie que je suis monté dans ce TGV début mars 2013 pour honorer une promesse: Je viendrai te rendre visite aux prochaines vacances pour que tu me montres ton studio.


Cinq heures de train à remonter le temps : je garde en mémoire ce noël si spécial de 1989, où un couple de dictateur roumain se faisait exécuter en direct à la télévision pendant le réveillon : Mon beau-frère m’avait emmené en ville et nous nous étions garés dans un immonde parking du centre ville décati sentant l’urine.


Mon fils m’attendait à la sortie «d’el centre del mon ». Quelques mètres, quelques tapas, une bouteille de vin rouge et une promenade nocturne autour du Castillet m’ont retourné comme une crêpe. Il aimait sa ville et moi je l’aimais. Immédiatement, j’ai su que ce que je projetais dans cette ville n’avait aucun rapport avec la réalité de la cité : la rénovation se mariait parfaitement avec la vieille ville, l’immonde parking envolé pour découvrir la fameuse place de la république.


Le lendemain, et pour deux jours, ce fut le déluge, la tempête ! Une bonne curée pour nettoyer vingt années de rancœur. Alors nous avons décidé d’aller voir la mer, démontée et bouillonnante. Tout juste arrivés sur la jetée du Canet, cette image m’est apparue comme une évidence. Nous sommes sortis de la voiture. Je protégeais mon appareil photos dans mon manteau, tant l’atmosphère était chargée de sel et d’iode. J’ai pris trois clichés et nous sommes remontés nous protéger.


Le basket-ball, sport de mon enfance. J’y ai joué nuit et jour, autant que possible malgré ma petite taille. Le basket, sport devenu défi pour mon fils qui s’est mis dans la tête de claquer un dunk. Le jour où il m’a envoyé la vidéo où il y arrivait, j’ai pleuré de joie.


Cette photo renoue le fil du temps tel un panneau de basket dans la tempête de la vie, un trait d’union entre les générations.

Pour découvrir la ville Perpignan en photos, c’est ici

Commenter cet article