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Chaque photographie a une histoire qui mérite parfois d'être racontée, à condition que la propriété émergente, comme le dit si bien Hubert Reeves, justifie sa survie.

Autoportrait à la rampe

Publié le 9 Janvier 2012 par Bruno Hialire in Portrait

 

Autoportrait à la rampe

- Bonjour, je souhaiterais parler à Monsieur Hilaire Bruno.

- Oui….. Puis-je vous demander comment vous avez eu mon numéro de téléphone ?

- Hé bien c’est le chef du Bouquet Garni qui m’a donné votre carte de visite.

- Hervé! D’accord, c’est à propos ?

- C’est au sujet de l’article paru dans l’Ovillois et de la photographie des tours penchées. Je me demandais…

- Excusez-moi je suis en réunion. Pourriez- vous me rappeler d’ici trois-quarts d’heure je vous prie ?

 

Je me rends compte avec le recul des années qui nous séparent de cet échange, plus ou moins réel, que je n’ai pas été très accueillant pour une première prise de contact. Et pourtant, cette interlocutrice, institutrice dans le primaire, allait devenir une amie très proche et, avec sa classe, me permettre de faire un bond en avant dans ma détermination à devenir photographe.

 

Ce cliché des tours penchées «Par un fort vent d’ouest», je la chroniquerai bientôt dans ce blog, correspondait parfaitement au thème que Céline abordait avec son cours moyen, à savoir les reflets et les transformations.

Hervé avait accepté qu’en fin de service, j’accueille une trentaine de gamins de 10 ans dans son restaurant pour que je leur parle de la transformation en photographie. J’avais travaillé une présentation rétroprojetée particulièrement bien accueillie. Ce fut un grand bonheur de voir ces enfants réagir spontanément aux photos, tous excités mais levant le doigt pour intervenir. Je rencontrais Céline pour la première fois et, outre l’enthousiasme qu’elle transmettait à ses élèves à découvrir les démarches artistiques, ses yeux m’avaient littéralement happé. Ce n’est peut-être pas par hasard si trois années plus tard, je renouvelais une intervention avec sa classe sur l’importance du regard dans le portrait.

La dernière photographie de mon diaporama représentait une rampe. A peine apparut-elle sur l’écran que trois des gamins s’écrièrent, sans lever le doigt: Ah c’est toi là! . J’étais estomaqué par la qualité de la perception, intuitive, de ces enfants qui remarquaient, quasi instantanément, des détails qui échapperaient à la plupart d’entre nous. Et si finalement, photographe, n’était pas autre chose que de retrouver son regard d‘enfant.

Surprise, ils avaient emporté avec eux une dizaine de petits appareils photos et se sont dispersés dans le restaurant et essayant de s’amuser du grand miroir, des reflets dans les verres. Ils n’ont rien cassé! En partant, je m’étais promis deux choses : les emmener tous à la Défense, sortie organisée à la fin de l’année scolaire, et shooter le regard de Céline, mission accomplie depuis peu.

 

 

Commenter cet article

eMmA 22/01/2012 12:10

En fait, il n'y en a qu'un seul, mais il est fort hétéroclite...

eMmA 22/01/2012 11:15

3 blogs ?

Bruno Hilaire 22/01/2012 11:38



J'ai sûrement mal vu quand je me suis promené dans les collages et autres passages. Il m'avait semblé découvrir un blog photo également. oops



eMmA 22/01/2012 08:59

Bonjour,

Je ne sais plus comment je suis arrivée jusqu'à votre blog, mais le sujet m'intéresse beaucoup.
Une photo toute seule, c'est impossible.
Tout ce qui gravite autour de sa prise me semble fondamental et intégré dans son "histoire".

Cette histoire que vous relatez est tout à fait jubilatoire car je suis persuadée que vous aurez suscité des vocations parmi les enfants de votre auditoire.
Bravo aussi à leur enseignante aux jolis yeux !

Ceci me rappelle un autre "autoportrait" : http://www.emmacollages.com/article-36801476.html

Bon diMAnche,
eMmA

Bruno Hilaire 22/01/2012 11:12



Merci bien eMmA au trois blogs pour ce passage autour de la raMpe : je poursuis donc l'histoire. en fin d'année, la maitresse aux jolis yeux organise avec les artistes qui ont contribué à la
réussite de l'année scolaire une exposition. Au moment des photos, sur la cinquantaine de reproductions, deux d'entre elles me bouleversent parce qu'elles sont parfaitement réalisées, poétiques
et en particulier une que je n'ai jamais pu réussir. Ces deux photos avaient été prises, lors de la sortie à la Défense, par le même garçon, qui n'avait jamais tenu d'appareil photos dans ses
mains avant cette sortie : il avait juste emprunté celui d'une copine.


La vocation était bien là. Ce gamin avec un oeil en or. Bon diManche aussi.